ZOLA Émile: Biographie, études et analyses des oeuvres

ZOLA Émile: Biographie, études et analyses des oeuvres

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Zola Né d'un père d'origine italienne et d'une mère française, il vécut une grande partie de sa jeunesse à Aix-en-Provence où il a pour camarade celui qui sera le peintre Cézanne.
Son père meurt alors qu'il n'a que sept ans. La situation financière de la famille se dégradant, les Zola s'installent à Paris où Emile poursuit ses études.
De 1862 à 1866, Zola fut employé à la librairie Hachette au service des relations avec la presse, ce qui lui permet d'une part de compléter sa culture générale, d'autre part de rencontrer les grands esprits de son temps: Lamartine, Littré, Sainte-Beuve entre autres.
Zola se sent d'abord proche du Romantisme puis du Réalisme et se lance dans le journalisme mais bientôt les idées de Taine (le Déterminisme, principe d'après lequel tout fait a une cause et selon lequel dans les mêmes conditions, les mêmes causes produisent les mêmes effets) et les travaux de Claude Bernard le convaincra que le romancier naturaliste ( dont il emprunte le terme à la peinture) doit être un expérimentateur; son expérience consiste à "faire mouvoir les personnages dans une histoire particulière pour y montrer que la succession des faits y sera telle que le déterminisme l'exige.".
En 1867 paraît Thérèse Raquin, roman qu'il préfacera d'un véritable manifeste du Naturalisme, qu'il définira plus complètement par la suite, particulièrement dans le Roman expérimental (1880)
Mais Zola dominé par "le malheur d'être né au confluent de Balzac et de Hugo", hanté par le premier qui écrase tout le siècle a le projet d'une grande oeuvre et il ne veut pas faire comme l'auteur de la Comédie humaine. Au contraire, il note qu'il faut construire par avance le lien entre les différents ouvrages au lieu que de le conçevoir a posteriori et "... s'attacher moins aux personnages qu'aux groupes, aux milieux sociaux" et c'est bien là son intuition majeure, remarquant en outre que chez Balzac il n'y a pas d'ouvriers, que les descriptions sont trop longues, trop compactes.
Déjà Influencé par Taine, par Darwin, Claude Bernard, il ne cesse de se documenter sur le plan scientifique et trouve dans une étude du docteur Lucas (Traité philosophique et physiologique de l'hérédité naturelle, 1847-1850) les principes de construction c'est-à-dire le lien nécessaire entre les personnage de sa famille des Rougon-Macquart.
Enquêtant sur le terrain et s'appuyant sur les théories scientifiques de son époque pour imaginer et expliquer le comportement de ses personnages, il pose l'hérédité, en postulat parce qu'elle est de son temps et qu'elle convient à son projet et entreprend en 1869 la rédaction du premier des vingt romans qui composent la fresque des Rougon-Macquart, histoire naturelle et sociale d'une famille sous le Second Empire. Il écrit: "La famille dont je conterai l'histoire représentera le vaste soulèvement démocratique de notre temps ; partie du peuple, elle montera aux classes cultivées, aux premiers postes de l'état, à l'infâme comme au talent. Cet assaut des hauteurs de la société par ceux qu'on appelait au siècle dernier les gens de rien, est une des grandes évolutions de notre âge...".
En 1870, parait en feuilleton, dans Le Siècle, La Fortune des Rougon, premier volume qui justifie toute l'entreprise . Ce roman qui paraîtra en volume l'année suivante raconte le coup d'État du prince Louis Napoléon Bonaparte, le 2 décembre 1851, vu d'une ville de Provence. À la faveur de ce bouleversement politique, les ambitions se déchaînent: deux branches rivales d'une même famille, les Rougon et les Macquart, s'affrontent, les premiers se révélant bonapartistes par calcul, les seconds libéraux par pauvreté et par envie.
Toute la structure interne des Rougon-Macquart est expliquée par la névrose d'Adelaïde Fouque, dont le père a fini dans la démence et qui, après la mort de son mari, un simple domestique nommé Pierre Rougon, prend pour amant un ivrogne, Antoine Macquart. La descendance de celle que l'on appelle tante Dide est ainsi marquée par la double malédiction de la folie et de l'alcoolisme, que l'on retrouve dans tous les volumes. Ainsi, le docteur Pascal, héros du vingtième et dernier volume, s'effraye en comprenant subitement la tragique destinée de sa famille.
Flaubert, dès la parution du premier volume, écrivit des éloges à Zola mais le romancier fut victime de plusieurs campagnes de presse qui dénoncèrent sa littérature jugée scandaleuse.
Parmi les titres de ce roman-fleuve "représentant le débordement des appétits et le soulèvement de notre âge qui se rue aux jouissances", il convient de mentionner la Faute de l'abbé Mouret (1875), l'Assommoir,1877, Une page d'amour (1878), Nana,1880, Pot-Bouille (1882), Au bonheur des dames (1883), Germinal (1885), l'Oeuvre (1886), la Terre (1887), le Rêve (1888), la Bête humain (1890), la Débâcle (1892), le Docteur Pascal (1893).
Cette vaste somme romanesque des Rougon-Macquart, achevée en 1891, et à qui ses contemporains reprochèrent une forme peu "académique", voire ordurière, ainsi que ses tendances socialisantes, transpose sur le plan littéraire les grands changements structurels de la seconde moitié du XIXème siècle, liés à la naissance de l'âge industriel: l'émergence des masses, le développement des grandes villes, l'essor du capitalisme conquérant. Témoignage d'une époque mais d'une validité scientifique (tout à fait discutable), la fresque zolienne qui évoque le conflit entre les forces génératrices de vie et de mort impressionne surtout par la justesse du ton et les dimensions titanesques de l'œuvre qui lui confèrent un caractère mythique ainsi qu'une vraie dimension épique et visionnaire.
En 1880, zola publie Le Roman expérimental, une étude théorique qui définit les caractéristiques du roman naturaliste. Zola présente le travail du romancier en des termes scientifiques et emprunte aux médecins leurs méthodes d'expérimentation. Observer les faits puis les expérimenter dans le cadre de l'existence humaine, sur les plans héréditaire, physiologique et social, telle est la tâche du romancier naturaliste pour comprendre les comportements de l'homme dans la société. Mais on s’en doute, le Roman expérimental, en tant que manifeste, en tant que revendication d’une écriture nouvelle du roman, ne surgit pas d’un seul coup d’un horizon qui lui serait indifférent. Il est le résultat d’une évolution qu’il faut faire remonter à Balzac. Celui-ci, dans son avant-propos à la Comédie humaine (1842), revendique une préoccupation scientifique qui le conduirait à examiner les hommes dans une perspective analogue à celle adoptée par la zoologie: " Si Buffon a fait un magnifique ouvrage en essayant de représenter dans un livre l’ensemble de la zoologie, n’y avait-il pas une œuvre de ce genre à faire pour la société ? " Il s’agit " en composant des types par la réunion des traits de caractères homogènes d’arriver à décrire l’histoire oubliée par tant d’historiens, celle des mœurs. ". C’est bien cette préoccupation de scientificité que l’on retrouve dans l’avant-propos du cycle des Rougon-Macquart dans lequel Zola souhaite reprendre et compléter l’ambition balzacienne de faire un panorama complet de la société de son temps: " La science entre dans notre domaine à nous romanciers qui sommes à cette heure des analystes de l’homme dans son action individuelle et sociale. […] Nous faisons en quelque sorte de la psychologie scientifique ; et nous n’avons, pour achever l’évolution, qu’à apporter dans nos études de la nature et de l’homme l’outil
décisif de la méthode expérimentale. »
En 1894 débute l'affaire Dreyfus qui secoue la France entière. Zola est convaincu de l'innocence de ce capitaine, condamné uniquement parce qu'il est juif et prend, violemment parti pour ce dernier, notamment dans son article, "j'accuse", paru le 13janvier 1898 dans le journal L'Aurore. Condamné à un an de prison, Zola s'exile en Angleterre. À son retour, en 1899, il entame un autre cycle d'ouvrages où il fait part de son idéal humanitaire. En 1902, il meurt asphyxié au cours d'un accident suspect, avant d'avoir pu terminer sa dernière oeuvre. La même année, il s'était vu refuser le premier prix Nobel de littérature pour avoir écrit Nana, roman jugé choquant par la morale publique.

Source: http://rabac.com

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