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ERASME: Biographie, études et analyses des oeuvres
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ERASME: Biographie, études et analyses des oeuvres


Erasme HUMANISTE CHRETIEN (né en 1466 ou 1469, mort en 1536, néerlandais)
On ne saurait mieux le définir que comme « humaniste chrétien » car chez lui, le savoir est tout entier au service de sa foi, et de son Eglise. Contrairement à Luther, qu’il finit par désapprouver, Erasme a toujours voulu la concorde, la paix, ET la réforme. N’a jamais accepté l’idée d’un schisme, tel que Luther la déclenché, en 1517, en placardant ses propositions sur le portail de l’église de Wuttenberg (95 thèses contre les indulgences). Notre extrait, justement, traite entre autre du problème des indulgences, ces rémissions de péchés vendues par l’Eglise qui fournissait des certificats à ceux qui avaient payé les sommes demandées, pour des péchés commis ou à venir.
L’Eglise ainsi prétendait réduire à volonté le temps d’expiation des péchés au Purgatoire. Une grande campagne menée par les Dominicains, en Allemagne, servira ainsi à drainer des sommes colossales pour l’Eglise catholique (par exemple servira à payer la construction de l’Eglise saint Pierre de Rome).
Erasme, de Rotterdam, fils d’un prêtre et d’une fille de médecin, fut toujours préoccupé par sa naissance illégitime. Orphelin à quatorze ans (la peste emporte ses parents), il entre au couvent à dix-huit ans, à contre-cœur. Il n’y est pas à l’aise : la règle monacale, contraignante, est peu compatible avec le travail intellectuel de longue haleine, qui nécessite de longs moments de liberté. Le pape Léon X, en 1517, l’autorisera à vivre une existence de prêtre séculier, alors qu’Erasme devient l’un des humanistes les plus connus et les plus admirés d’Europe. Erasme aura un réseau de correspondants sur l’Europe entière, comportant aussi bien des princes et souverains que des admirateurs obscurs. Une grande amitié l’unira à Thomas More (1477-1535), auteur de l’Utopia (paru à Louvain en 1516), avocat, membre du parlement et même membre du Conseil privé d’Henri VIII, c'est-à-dire conseiller et homme de confiance du souverain anglais.

GRAND SUCCES D’ERASME
L’Eloge de la Folie (1ère édition à Paris, 1511) a été rédigé en quelques jours en Angleterre, chez Thomas More à qui il est dédicacé (Moria = terme latin évoquant la folie, sorte de « trouble neurologique se caractérisant par de la gaieté et la tendance aux plaisanteries déplacées », sorte de dédicace humoristique au nom de son ami, Thomas More). C’est la plus connue des œuvres d’Erasme de nos jours. A l’époque d’Erasme, l’Eloge fit sensation, mais moins que son édition du Nouveau Testament publiée à Bâle, en 1516, par Froben qui deviendra l’éditeur en titre d’Erasme (édition aussitôt suivie de quatre rééditions). C’était une traduction en latin, nouvelle, plus fidèle au grec, avec des annotations et des références qui justifiaient ses choix de traducteur (grande nouveauté en ce qui concernait les textes sacrés !). Ce n’est pas une édition critique (dans une édition critique d’un texte, on peut faire des remarques sur le texte lui-même, ses origines, sa légitimité) mais l’édition d’Erasme est une édition bilingue, avec le texte grec en regard du texte latin. Jusque là, le monde occidental s’appuyait sur la Vulgate (ou Bible traduite en latin par saint Jérôme au IVe siècle). Grand succès, donc, de ce Nouveau Testament en latin.


Source: A I

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